Et si…

Et si tout s’effondrait demain matin, que resterait-il?

Pensez-y. Prenez deux minutes de votre temps, fermez les yeux.

Imaginez le pire scénario possible. Poussez-le jusqu’au bout du bout. Au bout de votre imagination débridée…

Il resterait vous. Vous debout au milieu des décombres de votre vie. À devoir peut-être tout recommencer, oui c’est possible. Il resterait vous dans cette vie. Et toute cette vie en vous.

Et si…

Et si tout ce que vous dicte vos pensées, n’était que mirages et illusions? Toutes ces marottes, ces croyances qui vous habitent, ce qui dicte vos actions, vos relations. Ce que vous choisissez de faire, qui vous choisissez d’inclure ou d’exclure de votre vie. Tout le sens que vous donnez à celle-ci. Si tout ceci disparaissait demain matin, que votre esprit était complètement « effacé » de tout ce qui l’habite, que seule demeurait une grande page blanche de silence. Que resterait-il?

Pensez-y. Prenez deux minutes de votre temps, fermez les yeux.

Plus difficile comme scénario à imaginer… Parce qu’il est difficile d’arrêter de penser. Parce que justement, lorsque cela arrive, il n’y a personne pour s’apercevoir de l’absence de pensées! 😉 Mais tentez simplement de prendre un peu de distance par rapport à ce phénomène qu’est la pensée. Juste quelques instants.

Que reste-t-il? Ou qu’y a-t-il en amont de tout ce bruit et cette agitation?

Vous. Il reste vous dans cette vie. Et toute cette vie en vous.

Et si…

Et si votre corps n’était lui aussi qu’un phénomène parmi tant d’autre? Qu’un phénomène au coeur de cette vie que vous êtes. Que toute la vie que vous êtes, arrivait, se déroulait et se produisait d’elle-même à travers le corps et au-delà de celui-ci?

Que reste-t-il au-delà de ce corps?

Là, vous devrez vraiment vous déposer un moment. Fermer vos yeux et revenir en vous. Profondément, longuement. Retourner consciemment à ce que vous êtes… Observer passivement, sans bouger. Pas tant ne pas bouger physiquement, que ne pas bouger en vous-même. Cesser de suivre tous ces mouvements intérieurs qui veulent vous distraire et vous amener partout ailleurs qu’à l’essentiel. Peut-être même que vous devrez faire l’exercice à quelques reprises.

Que reste-t-il? Qu’est-ce qui est là, à observer toutes ces sensations corporelles, ces pensées, à se dire que l’exercice est long et inutile? 😉

Il y a la conscience. La conscience de ce que vous êtes, qui est là et qui observe toujours tout.

Cette conscience, est-ce que c’est le corps? Non.

Est-ce que ce sont les pensées? Non.

Est-ce que ce sont les croyances? Non.

Est-ce que c’est le personnage et toute l’histoire qui s’est construite autour de lui? Non.

C’est vous. Juste vous, toujours vous. Cela a toujours été vous, ce l’est maintenant et ce le sera éternellement.

Mais si vous me lisez régulièrement et que vous vous intéressez au sujet principal de ce blog, vous savez déjà tout ceci. Je ne vous apprends rien!

Ceci dit, je l’écris quand même et me répète. Pour que vous le voyez. Parce que c’est toujours à voir. À chaque instant.

Et qu’aussi facile que ce soit pour certains à voir, aussi facile est-il de l’échapper et le perdre de vue

Parce que la vie va vite. Parce qu’il y a les proches, les obligations, le vilain Covid, les nouvelles, les réseaux sociaux. Un tel qui nous dit que cela doit être comme ça et un autre qui nous dit le contraire. Cette mesure constante que nous prenons avec les autres et ce temps que nous passons à les observer et à s’occuper d’eux, plutôt que de s’occuper de nous…

Parce qu’il y a toutes ces quêtes, cette recherche d’un bonheur qui n’existe que dans cette fabuleuse imagination. Un bonheur conditionné par ce monde et ces images, partout, qui nous offrent des représentations du bonheur tellement variées et différentes qu’on ne sait plus vraiment ce que c’est au final…

Même quand on nous dit qu’il se trouve en nous.

Où ça en nous? Quel nous? Où est ce nous? Qui est ce nous?

Dans cette représentation extérieure qui nous est faite, il n’ y a pas de nous, pas de vous, pas de toi.

Pas de petit moi

Que cette idée d’une individualité à laquelle on s’accroche.

C’est fort cette volonté de vouloir tout vivre, là tout de suite. Cette avidité qui veut tout goûter, ne veut pas perdre une seconde de la vie et subit très mal les contraintes et les aléas, grands ou petits.

Cette aversion qui se frustre lorsque les choses ne vont pas. Qui compense à outrance dès que les privations cessent. Qui comme un enfant privé de sucreries pendant quelques jours, se lance tête première sur le gâteau. Que le gâteau soit une pâtisserie, ces voyages que nous pourrons recommencer, ces amis que nous pourrons enfin voir, ces petits-enfants que nous pourrons serrez dans nos bras, cette idée d’une vie qui pourra enfin redevenir « celle d’avant ».

C’est fort cette résistance au changement, ce refus d’accepter la réalité, toutes ces révoltes que nous nourrissons, à petite ou grande échelle, à tort ou à raison, contre la vie est ces mouvements changeants. Toutes ces vérités que nous poussons à coups de statistiques, d’études, et de sources diverses, dans un monde où la surabondance d’informations devient la nouvelle arme de destruction massive que nous prenons pour nous combattre les uns les autres. C’est fort ce besoin de gagner son point, de justifier constamment ses actions, plutôt que de simplement faire ce que nous avons à faire, paisiblement, sans nous soucier d’une opinion des autres par laquelle nous nous définissons constamment.

C’est bien ancré ce conditionnement à être des victimes, à critiquer et manifester, plutôt que de tenter de trouver des solutions. Cette propension à véhiculer la peur et continuer d’alimenter ces drames que nos personnages aiment se raconter.

Parce qu’en faits, c’est tenace, ce qui cherche son bonheur dans l’éphémère et le passager. Ce qui sera toujours déçu de cette mesure du temps qu’il prend du passé pour se projeter dans l’avenir. Qui n’est pas très intéressé à ce qui se vit dans l’instant et nécessiterait d’accueillir l’inconfort tout autant que le confort.

Bien sûr, j’en mets plus qu’il en faut. Cette identification qui se prend au jeu de la vie, n’est pas toujours aussi excessive. 😉

Mais elle a ces moments d’excès.

Lorsqu’elle se laisse hypnotiser par le sens linéaire qu’elle donne à une vie, qui est toute, sauf rectiligne et tendancielle! Qui accepte parfois totalement, parfois relativement, parfois très peu et parfois pas du tout, la proposition de départ qui a été faite dans ce ce texte. Qui aime bien demeurer avec ses croyances et ses schèmes, plutôt que de plonger à fond dans une expérimentation d’elle-même qui la sort toujours de sa zone de confort.

La force à se voir telle qu’elle est, à s’accueillir et s’accepter.

Pas facile de voir notre fragilité, notre vulnérabilité, notre sensibilité. Pas facile de voir qu’on se raconte souvent des histoires, que la vérité fait mal à entendre et que l’autre a peut-être plus souvent raison qu’on voudrait bien l’admettre. Pas facile d’accepter l’autre tel qu’il est, de mettre de l’eau dans son vin, de prendre le temps de véritablement l’écouter. De cesser de juger de ses comportements, sa façon de vivre ou d’être. Une façon qui peut nous heurter, nous renvoyer une image de nous-mêmes que nous ne voulons pas voir ou simplement une capacité à s’accepter et s’affirmer que nous ne nous autorisons pas.

Pas facile d’être humain.

Mais pourquoi donc?

Parce que nous ne savons pas véritablement comment l’être. Nous avons passé tellement de temps à nous faire dire comment être, comment penser et comment agir, que nous avons cessé de nous questionner sur ce que nous sommes réellement. Tout comme nous avons cessé de nous questionner sur le sens de la vie. Acceptant que la vie c’est ça. Cette course, cette quête à un bonheur illusoire, cette avidité à tout prendre sans rien laisser, de peur de manquer.

Manquer de quoi? Manquer de qui?

Au final, tout ce que nous manquons, c’est la vie. La vie en nous que nous brûlons dans des feux de paille et la vie là, partout sous notre nez, à côté de laquelle nous passons… À nous identifier à tout ce qui est éphémère et passager, nous devenons éphémère et passager.

Nous perdons de vue toute la vie qui est en nous, l’amour qui nous porte, la créativité qui nous permet sans cesse de nous réinventer et de surmonter les obstacles de la vie ainsi que l’intelligence qui nous permet de comprendre que la conscience c’est tout ce que nous sommes. Il n’y a que cela qui soit immuable, ne change jamais en nous et ne puisse se définir par quoique que ce soit, qui soit éphémère et passager.

Qu’il n’y a que cela qui nous permette de nous relier à ce qui donne du sens à notre vie et puisse nous apporter une paix et une joie permanente.

Rien de ce que vous faites, dites, ou réalisez ne dure, dans cette idée linéaire du temps que vous vous faites et cette projection de vous-même que vous offrez au monde pour y trouver la visibilité, la reconnaissance et/ou l’amour. Rien de ce qui est éphémère et passager ne pourra vous apporter ce bonheur tant recherché. Cela ne vous l’a apporté que momentanément par le passé, cela vous l’apporte peut-être dans l’instant, mais peut-être pas non plus. Et cela ne vous l’apportera pas plus, de façon durable dans le futur.

Il n’y a que ce que vous êtes, dans la vérité de ce que vous êtes, qui le puisse.

Sans artifices, sans masque et sans jeu de rôles. Simplement en étant conscient de ce que vous êtes.

2 commentaires sur « Et si… »

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