Comprendre, agir ou être?

Avons-nous besoin de comprendre, devons-nous agir ou avons-nous simplement à demeurer passif, dans l’observation?

Un peu des trois! Mais chaque chose en son temps et à son heure.

Ceci dit, s’il y a une chose à saisir, le plus rapidement possible, c’est l’importance de lâcher prise sur ce besoin de tout comprendre et de tout savoir.

Pourquoi?

Parce qu’en ce moment précis, surtout en ce moment précis de notre histoire comme humanité, ce besoin va vous consumer vivant.

Ça paraît un peu drastique, je sais. Mais si vous ne voyez pas que la surabondance d’informations et de désinformations dans laquelle nous vivons à l’heure actuelle est impossible à gérer pour votre psyché et votre système nerveux, et bien il faudrait commencer à en prendre conscience. Parce que le sentiment de contrôler la situation, de gérer adéquatement les choses ainsi que la qualité de vos rapports avec les autres, vont en prendre pour leur rhume dans les prochaines décennies.

Naturellement, il y a un bémol important à mes propos et lorsque j’écris qu’il est important de lâcher prise sur la connaissance, je m’adresse principalement au chercheur de vérité. De plus, cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas être curieux dans la vie et vouloir s’ouvrir aux expériences et à la nouveauté. Au contraire! Les questionnements sont le propre de l’intelligence et la conscience est ici pour s’expérimenter. Alors, la curiosité fera toujours partie de notre nature humaine. Mon point ne se situe pas à ce niveau. Mon point se situe au niveau de la façon dont nous interagissons avec la connaissance, ainsi que notre façon d’utiliser notre intellect. Ce sont les points dont je veux traiter dans ce texte.

Le cerveau est un peu comme un ordinateur et au fil des ans, nous accumulons beaucoup d’informations dans notre mémoire. Comme l’humain est une petite bête qui fonctionne selon deux principes de bases fondamentalement duels, que sont l’attachement et l’aversion, nous avons cette fabuleuse tendance à faire de même avec les connaissances que nous accumulons. Nous nous y attachons, en faisant souvent même des croyances, ou au contraire les rejetons, rejetant aussi assez régulièrement les gens qui véhiculent ou soutiennent les connaissances qui ne nous rejoignent pas. Donc, l’information, les connaissances, peuvent être source d’une grande polarisation entre les gens et la période que nous traversons à l’heure actuelle nous permet de le voir de façon plutôt crue. C’est comme si on pointait un puissant « spotlight » sur notre intellect pour nous amener à examiner plus attentivement la façon dont nous utilisons celui-ci.

L’autre chose aussi, c’est que la connaissance, c’est comme tout le reste: changeant et évolutif. Ce que nous comprenions de notre monde et l’univers dans lequel nous vivons a beaucoup évolué depuis les 100 dernières années et cela continue de changer, de plus en plus rapidement. Même la connaissance scientifique évolue à un rythme d’enfer et nous découvrons de plus en plus, qu’il y en encore tout plein de choses que nous n’arrivons pas à expliquer. Je dirais même que la majorité des percées des 50 dernières années en physique quantique ainsi qu’en microbiologie sont en train d’ouvrir la porte à un univers de l’infiniment petit dont nous ne soupçonnions pas l’étendue et la complexité.

Il y a donc tout plein de choses qui nous échappent et nous échapperont toujours. Et c’est la même chose lorsque vient le temps de plonger à l’intérieur de nous-mêmes. Comprendre les rouages de nos processus mentaux est un impératif sur le chemin spirituel. Comprendre cette longue chaîne qui part des fondements de notre être et qui s’est construite au fil du temps est l’exercice quotidien auquel se soumet le chercheur de vérité. Cet amalgame de plus en plus complexe d’expériences qui ont entraîné des sensations, qui ont généré des émotions, qui à leur tour ont nourrit des pensées pour finalement s’incruster dans votre mémoire, votre système nerveux et votre corps. Tout ce qui vous habite et tisse la trame de votre histoire. Une histoire à « détricoter » en quelque sorte. Comme j’en ai discuté dans un autre texte, prendre le bout du fil et dérouler la pelote de laine, défaire les noeuds dans celle-ci et remonter jusqu’à la source. C’est le point de départ pour commencer à aspirer à un peu plus de paix.

Mais c’est loin d’être la seule chose à faire et le chemin spirituel ne se limite pas qu’à cela. C’est l’inconscient qu’il faut explorer. Le vôtre bien entendu. Mais ce faisant, vous réaliserez qu’il n’est pas dissocié de celui de l’ensemble de l’humanité et que si vous persistez à vouloir tout comprendre, vous n’en sortirez jamais… C’est pourquoi un jour, le plus tôt sera le mieux, il faut s’abandonner à la vie, retourner à l’essentiel, faire notre petit « bonhomme de chemin » en vivant une vie simple, authentique, une vie en relation avec les gens. Sortir un peu de la quête spirituelle, pour se laisser instruire par la vie, par nos relations. Goûter le moment présent le plus possible, cesser de se poser tout un tas de questions et être simplement attentif à tout ce qui se présente à nous.

C’est généralement ainsi que la nature du réel finit par se révéler à nous et que notre nature peut véritablement émerger. Émerger de la façon la plus naturelle possible, dans l’accueil, l’acceptation et l’abandon. Bien plus que dans la compréhension.

Parce qu’il y a dans l’introspection ce petit quelque chose qu’il n’y a pas dans la simple observation. L’introspection cherche toujours à comprendre, à vouloir changer les choses ou les rendre conforme à ses attentes, ses buts et ses objectifs. C’est de la nature de l’ego, de cette part de nous qui veut contrôler, tendre vers l’action et une réalisation quelconque qui passe toujours par l’intellect. Alors que l’observation se veut plus accueillante, plus passive et relève de la nature même de l’être. Cette part de nous qui s’ouvre à la connaissance plutôt que celle qui cherche à se l’accaparer.

On ne réalise pas le Soi, bien que les choses soient souvent formulées ainsi et que c’est une façon de l’exprimer qui permet de transmettre une certaine compréhension. De le comprendre de la perspective de l’ego. Le Soi émerge, se révèle à nous et nous ne faisons que constater que ça toujours été là et que ça y sera toujours. On s’y reconnaît pleinement. C’est comme un grand soupir de contentement et de soulagement. Sentir qu’on peut enfin se déposer et commencer à vivre pleinement la vie. À partir d’un autre point de vue, d’une autre perspective. Alors ensuite, bien sûr on retourne à la vie et à l’action! On peut dire qu’on à compris quelque choses, qu’on a fait une fabuleuse découverte qui nous permet de vivre à partir d’une nature faite de joie, de paix, de silence et d’amour. Une nature qui s’accepte pleinement telle qu’elle est dans toutes ses limites humaines mais aussi toute sa beauté. On arrête de « forcer » et on s’abandonne à la vie. On agit oui, mais d’une base différente, d’une « êtreté » nouvelle. Une nouvelle dimension où il est vu que rien n’est connu, pensé ou fait à partir du petit « moi ». Que celui-ci ne sera toujours qu’une interface, qu’une forme qui permet d’entrer en relation avec d’autres formes qui toujours appartiennent au même ensemble.

Un jeu avec Soi constant.

Mais c’est déjà là, ça l’a toujours été et ce le sera toujours. Il n’y a aucun prix Nobel à gagner pour avoir découvert ce qui était simplement caché à notre vue, aucun mérite à cela. Au contraire! C’est très simple et surtout très difficile pour l’ego de voir toutes les histoires qu’on s’est raconté au fil du temps. Toute l’importance qu’on s’est accordé, toute la place qu’on voulait prendre, toute l’attention qu’on voulait avoir, tout l’emphase qu’on a mis à nourrir quelque chose de complètement illusoire.

Parce que la réalité c’est que nous ne savons pas. Le petit « moi», l’ego, le mental ne sait rien. Il classe, divise et répertorie la connaissance. Il fait de belles petites boîte et place les choses dans des petits tiroirs pour pouvoir les ressortir et jouer au singe savant lorsque les circonstances l’exigent. Des circonstances qui serviront l’ego… L’être, le Soi, notre nature véritable baigne dans la connaissance. Elle est traversée par celle-ci, se nourrit de ce qui peut faire croître et permettre d’évoluer et laisse le reste retourner au Grand Tout, d’où TOUTE la connaissance vient. La grande sagesse en nous sait que tout ce qui est à savoir le sera toujours en temps opportun et que tout le reste n’a aucune importance. C’est comme tout le reste: changeant, mouvant et fluctuant dans cet océan infini qu’est la création.

La grande sagesse en nous sait que nous pouvons nous abandonner et nous laisser porter. Que nous sommes une vague parmi tant d’autres qui retournera un jour se fondre dans l’océan et nourrir celui-ci du bagage des expériences qu’il aura acquis dans la grande traversée qu’aura été le petit instant d’existence qu’il aura vécu ici. Alors, s’énerver et courir en tout sens après une vérité extérieure, chercher à savoir qui a raison ou qui a tort, vouloir gagner son point, imposer sa connaissance, ses croyances ou ses vues aux autres, est un exercice complètement futile qui continue de nourrir cette illusion qui vous tient captif d’un rêve dont il faut un jour sortir. Enfin, pour celui ou celle qui aspire à vivre plus de paix, de calme et d’harmonie. À trouver un sens à ce parcours qu’est la vie. Sinon, vous pouvez continuer à vous nourrir de tout ceci est c’est très bien aussi. Vous vivrez les expériences que vous avez à vivre, en tirerez les conclusions qui vont de pair et tout ceci nourrira aussi la Conscience.

Il n’y a rien de bien ou de mal dans la vie. Il y a des choix qui nous sont offerts et une immense liberté à vivre les choses comme nous l’entendons. Mais il y a aussi des conséquences à nos choix et ceux-ci conditionneront la qualité de votre expérience. Nous entrons alors dans la subjectivité de l’expérience, de ce que nous définissons comme étant de qualité ou non. Et ça, c’est excessivement intime à chacun de nous. Ça se passe et se passera toujours entre vous et votre conscience…

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