Le premier choix

Je choisis la vie;

Je choisis le réel;

J’embrasse le réel. Avec tout ce qu’il a de beau et de moins beau. Avec toutes ses contradictions. L’évolution est magnifique, mais elle est aussi faite de degrés de Conscience. À l’image du spectre des couleurs, je choisis la subtilité et la variété des couleurs de la Conscience, plutôt que son blanc plus que blanc ou son noir profond. Mais j’embrasse également ceux-ci.

Parce ce qui s’illusionne ou s’ignore est aussi représentatif de la Conscience.

Je choisis de respecter toutes les formes d’expression de la Conscience. Même celles que je vois nous conduire parfois dans des débats stériles qui ne nous font pas avancer, nous polarisent et nous conduisent encore et toujours vers les mêmes écueils. C’est la vie qui s’exprime et toute forme de vie mérite le respect.

En autant qu’elle fait de même pour les autres…

Sinon je m’éloigne. Mais je ne me bats plus. C’est fini tout ça.

C’est parfois difficile, parce qu’il est si facile de débattre, « d’opinionner » et semer à tous vents les idées. Le vent de la discorde souffle si facilement dans les idées! C’est tentant aussi de se justifier; justifier nos choix, argumenter sur la justesse de ceux-ci. Facile aussi de suivre le mouvement, de dire comme l’autre, de papoter, de commérer, de se lever de table lorsque l’autre ne nous intéresse pas. Du coup aller faire la vaisselle est une alternative alléchante et se camper dans nos fermetures et nos résistances est tellement plus facile.

Mais non, je reste et je me laisse traverser par le beau et le moins beau. Parfois ça fait encore mal de voir l’autre se lever et quitter la table, le voir nous jeter un mépris poli au visage, nous ignorer. Mal d’avoir connaissance des ouï-dire, ragots et commérages à votre sujet. Ça fait mal de voir l’indélicatesse et l’hypocrisie ambiantes, qui ne sont en fait, qu’une très grande difficulté à discuter ouvertement avec l’autre. Une difficulté à dire que l’autre nous dérange et vient toucher des zones où nous ne sommes pas intéressés à aller. Parce qu’il est si difficile de comprendre qu’il n’est absolument pas nécessaire d’être d’accord avec l’autre. Qu’il est même normal de ne pas avoir les mêmes champs d’intérêts. Que tout ce qui compte, c’est de simplement accueillir cet autre et prendre quelques instants pour le laisser exprimer son vécu et le laisser peut-être nous surprendre. Mais en bout de ligne, tout le monde sera toujours libre de faire ce qu’il veut et d’agir comme il l’entend.

C’est le choix que nous donne la vie.

Ceci dit, c’est aussi très beau de voir les leçons que ce rapport avec l’autre nous enseignent. Comment il serait facile de retourner en arrière et de remettre nos vieilles pantoufles. Mais je n’en suis plus capable. Une puissance et une force m’habitent maintenant. Et celles-ci ne veulent plus se taire. Faire les choses autrement que dans l’alignement de la présence est impossible et exprimer le réel qui m’habite est devenu incontournable. Je ne peux plus négocier sur ce que je suis, tergiverser et hocher du bonnet pour faire plaisir et rassurer l’autre. Parce que c’est surtout ce que je constate; comment l’autre a besoin d’être rassuré. Plus le mouvement d’ouverture sur la vie grandit, plus l’autre se sent parfois menacé. Plus l’ouverture alimente parfois la fermeture de l’autre. Cet autre qui sent le besoin de se protéger dans sa fameuse vérité. Tant que les gens verront les choses en termes de vérités et de mensonges, nous piétinerons. Parce que la vérité cherchera toujours à s’imposer face à ce qu’elle perçoit comme un mensonge.

Il n’y a que la réalité. La réalité de la vie. Une vie remplie de contrastes qui n’en sont pas vraiment. Que des mouvements dans une Conscience qui évolue, lentement mais sûrement.

Je choisis donc de demeurer droite et debout. Je n’ai rien de menaçant pour l’autre. Tout ce que j’ai à offrir c’est de la joie, un peu de Conscience et beaucoup d’amour. Et de cela je ne dérogerai pas, quoiqu’il m’en coûte. Et si je ne me ménage plus sur le respect que je choisis d’accorder à la vie, je ne négocierai pas sur le respect que j’exige qu’on accorde à ce que j’ai à offrir. Si cela ne plaît pas, je n’ai aucun problème avec cela. Passez votre chemin…

C’est pourquoi je choisis aussi de marcher maintenant vers ceux qui sont dans cette même recherche. La recherche d’un rapport authentique et réel. Un rapport sans polarisation d’opinions, sans comparaisons. Un rapport qui ne cherche pas à savoir qui a raison ou a tort, un rapport qui ne cherche pas la perfection et qui prend les choses, les personnes et les situations comme elles sont. Un rapport qui peut m’accepter telle que je suis, à la mesure de l’ouverture dont je peux faire preuve face à la réalité de l’autre.

Le développement personnel, les diverses traditions spirituelles et religieuses, la philosophie, les quêtes existentielles, la psychologie transpersonnelle ou évolutionnaire, la Conscience « supramentale » et tutti quanti de toutes ces approches qui conduisent vers un retour à Soi, ne sont pas des quêtes de perfection. Ce sont des quêtes de sens. Le chemin de ceux et celles qui ont choisi de donner un sens à leur passage ici-bas. Ceux et celles qui y voient autre chose ou y recherchent autre chose, n’ont soit rien compris, ou seront un jour amèrement déçus. Il n’y a rien de mal à ne pas vouloir donner un sens particulier à sa vie, tout comme il n’y a rien de glorieux à vouloir tendre dans la direction opposée. Ce sont tout simplement des chemins de vie. Et ce monde est rempli de chemins, tous différents les uns des autres.

C’est ça le réel. Rien de plus, rien de moins. Je choisis d’apporter un peu plus de Conscience dans ma vie, jour après jour. J’invite les gens à être un peu plus ouvert à ce mouvement imprévisible qu’est la vie, TOUTE LA VIE. La vie, c’est vous, c’est moi, c’est l’autre, ce monde, cette planète et tout ce qu’elle contient de beau et de moins beau. C’est ce que j’ai choisi de faire: m’ouvrir et partager. Rien de plus. Rien de bien menaçant. Mais, oui, cela peut être ennuyant pour certains, j’en suis Consciente. La non-dualité n’est rien de plus qu’un immense barrière qui saute dans votre tête, votre coeur et votre corps, sur ce qui nous divise et nous sépare de la vie. Une puissante envie de tout aimer et de tout embrasser contre laquelle vous ne pouvez pas lutter. Cela peut être difficile à comprendre, je le concède, mais c’est ainsi.

Je crois que ce monde a besoin de gens qui se posent des questions, de gens qui veulent donner du sens, de gens qui ont un grand coeur et sont capable de voir et d’embrasser plus large. De beaucoup plus de gens qui voient et vivent les choses de façon non-duelle. Pas parce que c’est « meilleur ». Cela n’a rien à voir. Simplement parce que ça fait contrepoids dans un monde fortement déséquilibré et plein de souffrances. Dans un monde en quête d’équilibre. Ça met un peu de poids sur l’autre plateau de la balance. Le plateau des choses et des gens différents. Aujourd’hui, ce n’est plus la source de notre différence qui compte, c’est d’admettre et d’assumer sa différence qui devient important, dans un monde qui veut tout standardiser et mettre dans des petits compartiments. L’humain n’est pas une bête de somme au service d’un système économique qui nous broie un peu plus année après année. Un système auquel l’humain remet une partie importante de son pouvoir personnel pour être pris en charge. À quel prix le fait-il? C’est là, la question que nous devons maintenant nous poser. L’humain est précieux. Sa vie est précieuse parce que la vie est précieuse. Beaucoup plus que tout ce à quoi la majorité accorde de la valeur, à l’heure actuelle. Et ça prend des gens pour le voir et le nommer. Pour poser les questions qui se doivent maintenant d’être posées.

Mais si ce monde ne veut pas s’ouvrir à l’amour, faire sauter les divisions et tendre vers plus de responsabilisation, il n’y a malheureusement pas grand chose qu’on puisse y faire ou y changer. L’amour ne s’impose pas. Il est là, présent et disponible. À chacun de le voir et le saisir au vol. Et c’est au coeur de l’amour que se trouve la force et le courage de faire sauter les divisions et de devenir maître de notre vie.

Alors, tout ce qui reste à faire, c’est de se tenir debout et droit dans sa réalité. Dans sa paix, son calme et continuer d’aimer malgré tout… Mais je réalise, avec le passage du temps et un peu de tristesse, qu’il faut parfois, nous aussi, savoir se lever sans éclat et en silence de la table pour aller faire la vaisselle. En espérant que le prochain repas sera constitué de gens prêts à nous recevoir dans tout ceci. Aimer c’est aussi s’aimer. S’aimer assez pour s’éloigner et aimer de loin, celui ou celle qui se sent menacé ou n’est pas intéressé par ce que vous avez à offrir. Celui qui ne peut ou ne sait pas vous accueillir.

Se choisir c’est la base de tout. C’est le premier choix de tous. Il n’y a pas de don possible à l’autre, si vous ne vous êtes pas vu et reconnu comme la Source d’amour et de vie que vous êtes. Que nous sommes tous et toutes. Vous ne pouvez pas vous imposer à l’autre. Mais vous pouvez, non, vous devez honorer toute la lumière qui vous habite.

Un avis sur “Le premier choix

  1. A reblogué ceci sur AndreeBoulay Bloget a ajouté:
    Résumé de l’article:
    « Je choisis la vie; Je choisis le réel; J’embrasse le réel. Avec tout ce qu’il a de beau et de moins beau. Avec toutes ses contradictions. L’évolution est magnifique, mais elle est aussi faite de degrés de Conscience. À l’image du spectre des couleurs, je choisis la subtilité et la variété des couleurs de la Conscience, plutôt que son blanc plus que blanc ou son noir profond. Mais j’embrasse également ceux-ci. Parce ce qui s’illusionne ou s’ignore est aussi représentatif de la Conscience…

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