Pourtant…

La vie est douce. Mais nous ne le voyons plus. Pour plusieurs, la vie est difficile. C’est parfois même un combat. Il y a tant d’inégalités en ce monde, diront certains. Mais ce monde est de notre fait, à l’image de cette lente évolution animale, à laquelle nous continuons de contribuer. Il est difficile de passer à autre chose, de voir plus loin que cette jungle dans laquelle nous pensons vivre. Une jungle où nous nous croyons pris au piège par la loi du plus fort.

Pourtant… Il y a tant de beauté et de bonté dans ce monde. Tant de beauté et de bonté en nous. Tant de choses que nous ne voyons pas, parce que nous sommes un peu, parfois même beaucoup, hypnotisés. Les sens tournés vers l’extérieur à voir et écouter un discours qui nous éloigne de notre réalité intérieure. Un discours qui biaise la réalité.

Pourtant… Lorsque nous sommes dans un espace libre, un espace accueillant, nous pouvons nous déployer et laisser aller toute notre créativité, toute cette beauté et cette bonté en nous. Ces espaces de liberté sont généralement ceux où nous ne nous sentons pas sous la loupe, les projecteurs ou le regard des autres. Ce sont des espaces où nous nous sentons en sécurité. Sinon, dès qu’il n’y a plus de filet, notre plus grand ennemi n’est plus la faune, la nature, le climat où même ce pays étranger prônant un système social ou économique différent. Nous avons troqué ces vieux ennemis depuis longtemps contre d’autres plus pernicieux et plus près de nous. Ce sont maintenant tous ces « autres humains » . Peu importe l’origine de leur différence. Tout est maintenant prétexte à la différence. De la couleur de la peau à l’opinion. Cette opinion que nous ne pouvons nous empêcher de dire, d’écrire et de véhiculer. De jeter à la face de l’autre, même s’il ne l’a pas sollicité ou demandé…

Dans ce monde d’image, de productivité et d’inégalités, « l’autre » est la menace. Celui à qui nous nous mesurons et nous comparons. Celui qui ne pense pas ou ne voit pas les choses de la même façon que nous. Celui qui ébranle l’arbre de nos convictions et notre façon de voir la vie. C’est ainsi que nous voyons les choses. Alors qu’en réalité, c’est simplement nous, qui ne savons plus nous autoriser à être ce que nous sommes, sans nous sentir menacé ou interpelé par le regard ou la vision de l’autre. Sans sentir que nous devons fermer la porte à l’autre, si nous voulons continuer de véhiculer notre vision des choses.

Nous ne nous autorisons plus à être vulnérables, faillibles et dans l’erreur. À dire « je ne sais pas ». Parce que nous vivons dans un monde où nous devons savoir pour être acceptés. Nous devons vivre dans notre tête et notre intellect, parce que vivre dans notre corps est devenu intolérable. Vivre et ressentir est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre, parce que cela veut dire accepter de souffrir et de se confronter à soi-même. Du moins, pendant un temps. Jusqu’à ce que l’esprit abdique et comprenne qu’il ne sait rien de la vie. Mais nous ne voulons pas en passer par là. Alors, nous continuons à prétendre que nous savons, que nous connaissons et que nous avons une vision. Nous pensons qu’il est nécessaire d’imposer ce que nous appelons « notre vérité ». Une vérité qui n’est rien d’autre que le reflet d’une réalité intérieure, qui sera toujours différente de celle de votre voisin. Pourquoi? Tout simplement parce que c’est comme ça que la vie fonctionne. Mais tant que nous ne voulons pas voir cette réalité, nous continuons de chercher la vérité, diffusons celle qui correspond à la couleur du temps ou tentons de convaincre les autres d’avoir trouvé celle qui supplantera toutes les autres.

Et même si j’ai confiance, même si je vois le mouvement évolutif à l’oeuvre, je me demande combien de temps devrons-nous encore nous éviter et nous déchirer, pour que tout ceci commence à être vu. Avant que nous prenions Conscience que nous possédons un potentiel intérieur tout autre, qui se décline dans une multitude de potentialités qui ne demandent qu’à être accueillies. Que la différence, c’est beau. C’est l’expression de l’amour. Et que la standardisation et les jeux de l’intellect sont des pièges qui nous éloignent terriblement de la vie. Il y a tant de beauté en nous qui ne demande qu’à s’exprimer, si nous lui en donnons la chance et l’espace nécessaire. Tant d’amour qui ne demande qu’à être vu et accueilli. Tant de blessures à guérir dans tous ces coeurs qui peuvent être sans limites, lorsque les masques tombent. Tous ces masques qui sont là depuis fort longtemps, bien avant cette pandémie. Lorsque le temps de guérison nous est accordé. Tant d’imagination et de créativité, lorsque la confiance nous est accordée.

Ce sont là des choses qui demandent de l’espace. De l’espace « en nous ». Un espace que nous n’avons plus, parce que nos espaces intérieurs sont remplis de toutes nos souffrances, nos croyances, nos émotions et nos tensions. Remplis d’une mémoire et des connaissances sur lesquelles nous ne voulons pas lâcher prise.

Pourtant… Tout est là. Dans l’universalité des choses, au-delà de ce monde, de son passé et ses croyances, tout est là. Au-delà de nous-mêmes et de notre attachement ou notre aversion pour tout ceci. Il n’en tient qu’à nous de le voir et de ne pas se laisser limiter par ce que nous percevons de ce monde, de ces gens qui sont mis sur notre route et de nous-même. Parce que ces perceptions sont toujours le reflet de nos propres limites. Ce que nous voyons dans le monde et les gens, n’est que le reflet de ce qui nous habite.

C’est lorsque nous transcendons tout ceci que tout devient doux. Les douceurs de la vie sont là partout, dans chaque petit moment et dans chaque petit détail. Ce qui était gris, triste, cynique, sceptique, blasé ou désabusé disparaît et tout est vu sous un regard neuf. À chaque nouveau jour qui se lève. Si vous saviez comme cela fait du bien! Vous renonceriez à tout votre savoir et vos connaissances là, immédiatement. Vous renonceriez à toute votre vision de la vie pour embrasser un panorama tellement plus vaste.

Ne rien savoir est doux, parce que la prétention s’envole avec le savoir. Et parce que vous verrez que la connaissance vient d’ailleurs, elle ne sera que plus belle et plus authentique si vous lâchez prise sur celle-ci. Elle demeurera, se transformera et se véhiculera malgré vous. Elle touchera celui ou celle qui se montre curieux et ouvert mais glissera sur le dos de qui croit déjà tout savoir. Parce que, effectivement, peut-être sait-il… Qui sait?

Mais vous, vous ne serez plus importuné par tout ceci. Vous serez libre de continuer à vivre, impassible au fait que ce que vous avez à offrir soit ou non accueilli, vu ou reconnu. Vous offrirez simplement le meilleur de vous-même, sans attentes, parce qu’il n’y aura plus personne à défendre. Libre sera l’autre, de recevoir ou non ce que vous avez à offrir. L’autre ne sera plus une menace et vous ne vous placerez plus en position de jugement par rapport à ses choix, ses décisions ou sa façon de vous percevoir. Tout ceci lui appartient. Il est seul maître à bord de son navire, comme vous l’êtes à bord du vôtre. Il vivra ses tempêtes et probablement verrez-vous à quel point la douceur fait de nous d’excellents navigateurs.

Vous verrez l’autre pour ce qu’il est: Quelqu’un qui vous fera grandir. Qu’il vous accueille ou vous rejette, la même potentialité demeure. Il vous donnera une chance de prendre votre place, ou vous fera comprendre que vous n’avez pas besoin de son opinion pour prendre la vôtre. Vous cesserez de le craindre, de le fuir, de l’écarter ou de l’éviter. Vous l’accueilleriez à bras ouverts et lui diriez merci de vous faire évoluer, peu importe comment il s’y prendra.

Nisargadatta Maharaj disait:

« Quand je vois que je ne suis rien c’est la sagesse. Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour. Entre les deux la vie s’écoule. »

Il n’y a pas de phrase plus réelle que celle-là.

2 commentaires sur « Pourtant… »

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